Témoignages

Mon père est mort d'un cancer du poumon, j'ai arrêté le lendemain : le témoignage de Karim

Publié le 20 août 2026 · 3 min de lecture

« Je n'ai même pas fini le paquet qui était dans ma poche ce jour-là. » Karim a 41 ans. Il fumait depuis ses 26 ans, environ un paquet tous les deux jours, quand son père est mort d'un cancer du poumon après une maladie qui a duré un peu plus d'un an. Il raconte l'arrêt le plus rapide et le moins préparé de sa vie, et pourquoi, contre toute attente, c'est celui qui a tenu.

Un arrêt sans plan, décidé en une soirée

« Je n'ai rien préparé, je n'ai lu aucun article, je n'ai pas prévenu mon médecin. Le soir de l'enterrement, j'ai jeté mon paquet à la poubelle et je me suis dit que c'était non négociable, point final. » Une décision prise à chaud, dans un moment de deuil, qui aurait pu s'effondrer aussi vite qu'elle était née. Ce n'est pourtant pas ce qui s'est passé.

Pourquoi ce déclic a tenu là où d'autres avaient échoué

Karim avait déjà essayé d'arrêter deux fois avant, sans jamais dépasser trois semaines. « La différence, cette fois, c'est que fumer n'était plus une option envisageable, même mentalement. Avant, une partie de moi gardait toujours la porte entrouverte : si vraiment c'est trop dur, je pourrai toujours refumer. Là, cette porte s'est fermée d'un coup, et sans elle, chaque envie devenait juste une envie à traverser, pas une décision à reprendre. »

Avant, une partie de moi gardait toujours la porte entrouverte. Ce jour-là, elle s'est fermée d'un coup, et tout est devenu plus simple.

Karim, 3 ans sans fumer

Les premières semaines, sans filtre

« Les trois premières semaines ont été dures, mais différemment de mes tentatives précédentes. J'étais déjà épuisé par le deuil, alors le manque physique passait presque au second plan. » Karim reconnaît volontiers qu'un accompagnement aurait pu l'aider davantage à ce moment-là. « Avec le recul, voir un tabacologue dès les premières semaines m'aurait sans doute évité deux ou trois moments où j'ai vraiment failli craquer, seul chez moi. »

Trois ans plus tard

Aujourd'hui, Karim ne fume plus depuis trois ans. Il garde un rapport particulier à cette histoire : « Je n'ai jamais présenté mon arrêt comme un exploit de volonté. C'est mon père qui, sans le vouloir, m'a offert la seule raison qui a fini par être plus forte que la cigarette. Je regrette juste de ne pas l'avoir trouvée avant, de son vivant. » Son conseil pour qui hésite encore : ne pas attendre la pire des raisons pour se donner la même détermination.

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Questions fréquentes

Peut-on arrêter de fumer du jour au lendemain sans préparation ?

Oui, c'est possible, comme le montre le témoignage de Karim. Un accompagnement (tabacologue, substituts nicotiniques) reste néanmoins recommandé pour limiter les risques de rechute, surtout dans un contexte émotionnel difficile comme un deuil.

Un deuil peut-il déclencher l'arrêt du tabac ?

Oui, c'est un déclencheur fréquent : perdre un proche d'une maladie liée au tabac transforme souvent un risque abstrait en une décision immédiate et non négociable, un mécanisme différent de celui d'une motivation progressive.

Le tabac est-il la principale cause du cancer du poumon ?

Oui, le tabac est de loin la première cause de cancer du poumon. Le risque de mortalité par ce cancer diminue d'environ moitié après 10 ans sans tabac, comparé à une personne qui continue de fumer.

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