« Je sortais sur le balcon, je me lavais les mains, je mâchais un chewing-gum en rentrant. J'étais persuadée que mes enfants ne savaient rien. » Amandine a 38 ans, deux enfants de 9 et 12 ans, et a fumé en cachette pendant dix ans avant d'arrêter il y a huit mois. Elle raconte ce rituel bien rodé, et le jour où tout s'est effondré.
Un secret bien gardé, sauf qu'il ne l'était pas vraiment
« Un soir, ma fille de 9 ans m'a demandé, complètement innocemment, pourquoi je sentais toujours la même odeur bizarre quand je rentrais du balcon. Elle ne savait pas nommer ce que c'était, mais elle savait que quelque chose n'allait pas. » Ce moment a été un choc plus violent que n'importe quel argument santé entendu jusque-là. « Je me rendais compte que le secret n'en était pas un depuis longtemps. J'avais juste réussi à me convaincre moi-même que si.
Le poids du secret, plus lourd que le manque lui-même
Ce qui a le plus marqué Amandine dans les mois qui ont suivi cette prise de conscience, ce n'est pas tant l'envie de fumer que la fatigue du mensonge répété. « Ce n'était pas la cigarette en elle-même qui me pesait le plus, c'était de devoir sans arrêt calculer, mentir un peu, éviter les questions. Ça demande une énergie mentale que je n'avais jamais mesurée avant d'y penser vraiment. »
Ce n'était pas la cigarette qui me pesait le plus, c'était le mensonge répété autour. Arrêter m'a aussi libéré de ça.
Une décision prise pour eux, tenue pour elle
Amandine savait déjà, sans se l'avouer complètement, ce que le tabagisme passif représente comme risque, y compris pour une exposition qu'elle pensait limitée au balcon. « Je me disais que fumer dehors suffisait à les protéger. Le déclic a surtout été de comprendre que le vrai problème, ce n'était pas seulement leur santé, c'était aussi le modèle que je leur donnais sans le vouloir, et le poids que je portais moi-même en silence. »
Huit mois plus tard
Les premières semaines ont été marquées par une irritabilité qu'Amandine n'avait pas anticipée à ce point, un symptôme courant et temporaire qu'elle a fini par accepter plutôt que de le combattre. Aujourd'hui, elle dit ressentir un soulagement qui dépasse largement la question du tabac : « Je n'ai plus rien à cacher à mes enfants. Ça, ça n'a pas de prix. »
