« Je n'ai jamais acheté un paquet de cigarettes de ma vie. » Chloé, 27 ans, a toujours refusé l'étiquette de fumeuse. Une cigarette empruntée en soirée, une autre après quelques verres : pour elle, ça ne comptait pas vraiment. Jusqu'au jour où elle a fait le calcul, et où quelque chose a changé.
Le déni du « je ne fume pas vraiment »
« Quand quelqu'un me demandait si je fumais, je répondais toujours non, même en tenant une cigarette à la main. Dans ma tête, fumer c'était acheter des paquets, avoir un briquet à soi, en griller une le matin. Moi je tapais juste une clope de temps en temps. » Ce réflexe est loin d'être isolé : une étude américaine souligne que près de la moitié des fumeurs occasionnels ne se considèrent tout simplement pas comme des fumeurs, et ne perçoivent donc aucun risque particulier à leur consommation.
Ce que le risque réel dit de ce déni
Pourtant le risque n'a rien de symbolique. Selon le gouvernement australien, fumer occasionnellement reste beaucoup plus dangereux que ne pas fumer du tout : une étude a mesuré un risque de cancer du poumon multiplié par 9 chez les personnes fumant seulement 1 à 5 cigarettes par jour, comparé à des non-fumeurs. Sur le plan cardiovasculaire, fumer une à quatre cigarettes par jour augmente le risque presque autant qu'un paquet entier.
Le calcul qui a tout changé
Ce qui a fait basculer Chloé n'est pas un chiffre sur le cancer, mais un calcul beaucoup plus terre-à-terre. « Un soir, une amie m'a demandé combien de cigarettes je fumais par semaine. En comptant vraiment, sortie par sortie, j'étais autour de 15 à 20. Ce n'est pas rien, sur un mois. » Elle réalise alors qu'elle a construit toute une identité de « pas vraiment fumeuse » autour d'une consommation qui, additionnée, ressemblait à celle d'une personne qui fume tous les jours.
Arrêter sans jamais avoir été « officiellement » fumeuse
Le sevrage de Chloé n'a pas ressemblé à celui d'un fumeur quotidien, mais il n'a pas été sans effort non plus. « Le plus dur, ce n'était pas le manque physique, plutôt le réflexe social : en soirée, refuser une cigarette qu'on me tend me demandait un vrai effort au début. » Elle s'est appuyée sur des techniques rapides pour tenir le coup dans ces moments précis, sans jamais avoir eu besoin d'un accompagnement lourd, contrairement à certaines tentatives plus difficiles.
Le fait de ne pas fumer tous les jours ne te met pas à l'abri, et ça ne rend pas non plus l'arrêt impossible. Ça veut juste dire que ton déclic ne viendra peut-être pas d'où tu l'attends.
